Comprendre les facteurs d’engagement responsables

Notre enquête nationale sur le « Développement Durable » le montre : l’engagement écocitoyen reste rare et perçu comme coûteux

En avril et mai 2011, nous avons mené une enquête sur la perception du ‘développement durable’ par les Français. Publiés en juillet 2011, les résultats interpellent : malgré une communication (publique, privée, médiatique) devenue assourdissante sur le sujet, la prise de conscience individuelle n’a pas eu lieu. Les Français ne sont, en majorité, pas prêts à adopter des gestes écocitoyens. Les stratégies de communication et d’incitation au changement de comportement doivent, sur le sujet, être adaptées et renouvelées.

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Une enquête pertinente et bien faite.
Alain Juppé, Maire de Bordeaux – 5 novembre 2011 (à l’occasion du Forum
Agenda 21 « Aux Actes Ecocitoyens » organisé à la Maison Ecocitoyenne de Bordeaux)

Je vous remercie pour l’intelligence de cette enquête et la netteté de son analyse : ça nous change !
Henri Molleron, Directeur Environnement et Chargé de mission Développement Responsable du groupe COLAS – 5 août 2011

POINTS MARQUANTS

Enquête nationale sur le développement durable

1. Les stratégies de communication et de sensibilisation en question

Alors que la France s’est engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre de 1990 d’ici 2050, les Français ne semblent pas prêts à adopter les comportements en rupture nécessaires, telle une diminution de leurs consommations en énergie fossile ou de produits très émissifs, comme la viande (64% d’entre eux estiment que « la majorité ne le fera jamais »). Qu’elles soient privées ou publiques, les campagnes de communication / sensibilisation sur le « développement durable » s’avèrent donc, globalement, un échec. La faible confiance accordée aux informations sur le développement durable données par l’Etat (37%) et les grandes entreprises (16%) ne fait que le confirmer.

2. Une bonne volonté… qui se traduit difficilement en actes

Certes, pour une majorité de Français, l’engagement semble aller de soi : 92% estiment que « cela vaut la peine de s’engager dans des comportements écocitoyens ». Mais cette bonne volonté s’étiole dès lors qu’il s’agit de la traduire en actes concrets. Sur une liste de 13 gestes écocitoyens, seul le tri et le recyclage des déchets est perçu par une majorité de Français (67%) comme « effectué systématiquement ou régulièrement par une majorité ».

3. Entre le dire et le faire… un gouffre

De fait, en matière de gestes écocitoyens, l’écart entre les comportements déclarés et les comportements perçus est flagrant. A la différence de la plupart des enquêtes menées sur le sujet, nous avons, pour éviter le biais de désirabilité sociale consistant à formuler des réponses « désirables » pour être socialement bien vu ou flatter son estime de soi, étudié non pas les comportements déclarés des Français, mais leurs comportements perçus… par eux-mêmes. Le résultat est sans appel. Un seul exemple : alors que 81% d’entre eux déclaraient en 2008 « ramasser un plastique ou un carton par terre »1, ils ne sont en 2011 que 5% à penser que les Français « le font en majorité, régulièrement ou systématiquement ».

4. Une perception individuelle de l’engagement oscillant entre lucidité… et surestimation

En cohérence avec les résultats ci dessus, une majorité de Français perçoit son propre engagement comme modéré, estimant soit que ce n’est pas à eux d’agir (4%), soit qu’il leur manque des informations pour agir efficacement (19%), soit qu’ils sont prêts à agir… tant que cela ne remet pas en cause leurs principaux choix de vie (28%). Quant à ceux qui estiment « avoir intégré le développement durable dans la plupart de leurs gestes quotidiens » (44%), en particulier les cadres (51%), ce sont aussi… ceux qui émettent le plus de CO2 (8 580 kg CO2 /an par cadre pour une moyenne nationale de 7 388 kg CO2 / an par individu2) !

1 Enquête TNS Sofres (2008) « les Français et le développement durable », mesurant les comportements déclarés des Français.
2 Observatoire du Bilan Carbone des ménages, Ipsos / Logica Business Consulting pour Green Inside, mars 2011.

EXTRAITS